Comme prévu, je me suis rendu au Stade de France dimanche, pour assister au Sticky and Sweet Tour de Mado la Niçoise Madonna. Je comptais stationner aux alentours du stade mais c'est tout simplement impossible, étant donné que le quartier est complètement bouclé par les flics. Direction le parking à 20 euros. Il est 17h00 et les fans sont déjà regroupés autour du stade. Le sol est jonché de détritus. Les gens sont des porcs.
Nous décidons d'aller manger un morceau pour tenir le coup, et faire passer le temps.
18h30, il est temps d'y aller. Le placier vérifie nos tickets, et nous indique la direction à suivre, sans se déplacer. (Ca fera toujours un pourboire de moins à donner.)
Les numéros de rangées sont inscrits en décalé, et les places sont numérotées sur les fauteuils, donc difficile de vérifier quand des gens sont assis dessus. On croit dans un premier temps que nos places sont occupées. Ces gens ne manquent pas de nous dévisager, de glousser, et de nous faire leur numéro de cons. Ô miracle, nous trouvons enfin.
Nous nous installons, et j'exprime bien fort ce que je pense de ceux qui nous ont si bien accueillis, et qui sont juste devant nous :
« Leurs places, ils peuvent se les mettre dans leur trou du cul. Pour qui ils se prennent ces bourges de merde ? Ils se croient dans le carré VIP où quoi ? Qu'ils aillent se faire foutre, je les emmerde moi.»
S'ils voulaient de la vulgarité en venant voir Madonna, ils ont été servis.
20h00 : Bob Sinclar commence son mix. L'ambiance monte, c'est un grand succès.
21h00 : Le spectacle devrait commencer. La scène s'illumine de rose. Le public commence à crier ! Une ola parcours le stade.
Des gens continuent à arriver tranquillement, avec des sandwichs et des boissons. Ils restent plantés dans les escaliers, j'hallucine. C'est à se demander s'ils ont payé leur place. Et ça fume comme des pompiers. (Pendant tout le concert on se prendra de la fumée dans la gueule.)
D'autres essayent de se faire remarquer :
« Alors, elle arrive la super Barbie ? Hey c'est Madonna là-bas ? Elle a pris un peu, hein ! Ah ah ah ah ah.» Des beaufs. Qu'est-ce que ça doit être pendant les matchs de foot.
21h25 : Nous apercevons Madonna et son équipe arriver par le côté du stade. De là où nous nous trouvons, nous avons ce privilège. Elle porte un gros manteau noir, et marche calmement sans se retourner, derrière ses danseurs.
20h30 : Ca commence ! Une animation sur le thème de « Hard Candy » évoque la fabrication des bonbons. Le cube d'écrans qui cache la scène commence à s'élever en plusieurs morceaux. C'est très réussi.
La belle est sur son trône, et pivote en direction de la foule. Elle est magnifique, et souriante. Elle commence à interpréter « Candy Shop ». Sa voix est très soignée, je suis agréablement surpris. C'est parti pour 2 heures de bonheur.

Le moment que j'ai préféré : quand elle arrive avec cette énorme voiture blanche, jusqu'à l'extrémité de la scène, en passant par le chemin qui mène jusqu'à la plateforme centrale ! C'est une caricature déjantée des clips hip hop, un vrai régal ! Puis elle pousse la voiture en arrière, en clin d'œil au clip de « 4 minutes ».
Et toujours, le fameux interlude vidéo avec la comparaison entre Mc Cain et d'autres dictateurs célèbres… Excellent.
J'ai moins aimé la reprise de La Isla Bonita façon tsigane… Il y a eu comme un flottement dans le stade à ce moment, un peu comme une ambiance de fond de la classe.
Des gens ne cessent de monter et descendre des tribunes pendant tout le concert. Quelle bande d'emmerdeurs ! (Il suffirait pourtant de placer quelques pitbulls dans les allées.)
Je peux vous dire qu'elle se donne à fond pendant 2 heures, elle est incroyable. Elle gueule dans son micro, je me demande comment sa voix peut tenir. D'ailleurs, j'ai décelé quelques signes de fatigue par moment, dans les aigus.
Ses détracteurs lui reprochent de chanter faux, et de faire du playback. Il faudrait savoir ! Il y a quelques manques de justesse ici et là, c'est certain, mais l'ensemble est excellent. Elle dégage une énergie in-cro-ya-ble. Vous la ressentez jusqu'au fond de ce stade immense. Elle bouge comme une femme de 30 ans, bien qu'elle en ait 50. Ce spectacle est une véritable performance d'athlète.
On sent qu'elle prend du plaisir pendant le concert. Elle s'amuse avec le public, elle prend son pied. Son perfectionnisme est touchant, c'est une preuve de respect et d'amour. Son spectacle est rempli d'humour et d'autodérision. Elle lance plusieurs phrases en Français, c'est adorable. Ceux qui disent qu'il n'y a pas d'émotions se trompent complètement.
C'est le moment de « Give it to me». Elle laisse comprendre que c'est la dernière, en demandant au public de chanter avec elle, pendant qu'elle tend son micro.
« Give it to me ! This is your last chance, baby !»
Puis elle se dirige au fond de la scène, de la façon dont elle est arrivée. Le public l'acclame. Elle tend les bras et semble capter toute cette énergie et cet amour.
C'est terminé. Les deux dernières heures semblent avoir duré 30 minutes, je n'en reviens pas !
Privilège oblige, nous la voyons quitter la scène par où elle est arrivée. Elle porte sont éternel peignoir blanc. Elle semble survoltée. Elle retire le peignoir, et lève un bras vers le public en sautillant pour le saluer, pendant qu'elle pénètre dans le stade.
Mes oreilles sifflent, on en a pris plein la tête. Il est 23h30, l'heure d'aller au dodo. Sortir de ce maudit parking n'est pas de tout repos. Les flics continuent à tout bloquer, et nous obligent carrément à prendre l'autoroute dans la mauvaise direction… C'est sympa, merci. Mais que vous le vouliez ou non, je serai dans mon lit dans 30 minutes.
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